Dédoublement de la personnalité

Publié le par Michel Mourlet

 

  Requis ces derniers mois par la préparation simultanée de plusieurs livres, j'ai quelque peu délaissé ce Journal sur Toile, me contentant de livrer de temps en temps une réaction – mot dont il me plait d'assumer les divers sens – à certains événements d'ordre politique et sociétal dans un autre support entoilé : Carnets politiques de Patrice Dumby. Titre sans équivoque, mais non sans paradoxe aux yeux des lecteurs des quatre « Chroniques » de Dumby à ce jour publiées.

  

   Le motif de mon dédoublement de personnalité était simple : dès l’origine, j’avais placé la publication numérique de mon Journal critique sous le signe exclusif de la réflexion culturelle et de l’information qui s’y rattache. La satire socio-politique, autre dada attelé à mon karros gaulois, n’y eût guère trouvé sa place et, comme tout mélange intempestif, en eût altéré la perception.

   Confortant ce choix, la perspective m’agréait aussi de procurer à mon personnage, réputé pour son dilettantisme, un nouvel espace d’activité où il pourrait déployer différemment sa répugnance aux idées reçues. Du « dégagement » il avait fait une sorte de drapeau ; eh bien, il se désengagerait aussi de cette cause pour, l’âge venant et s’apaisant les autres passions, se pencher sur les folies de la Chose publique.

   Ce qu’il fit et continue de faire à l’occasion ‒ sans y être habilité, sans y avoir été invité par aucune autorité dite morale. Ainsi livre-t-il diagnostics et pronostics en toute illégalité. L’exercice illégal de la médecine est puni par la loi. L’exercice illégal de la médecine politique expose le transgresseur à une sanction moins brutale : la société légale ne tient aucun compte de ses avertissements. Elle contracte de ce fait toutes les maladies annoncées, se privant en même temps de tout moyen de les guérir. Politiciens, politologues, instituts de sondage, journalistes, la plupart des spécialistes qui, par une entente de nature corporative devenue connivence de caste, établissent et transmettent aujourd’hui la doxa politique hors de laquelle il n’est point de pensée convenable, sont dans la même situation qu’au XIXe siècle les pontifes de la doctrine officielle de la génération spontanée, solidaires les uns des autres, cramponnés à un principe et rejetant l’enseignement des expériences les plus probantes. Ainsi, je tiens que la théorie d’un pouvoir génésique de l’air n’est pas foncièrement différente, par exemple, de la croyance au bienfait d’une monnaie unique entre économies disparates, à l’obligation de ressusciter la guerre froide entre le tsar et l’Europe américanoïde, ou à la victoire certaine du système incarné par la sorcière Clinton tout droit sortie du placard à balais.

    Que ce soient la boite de Pandore du pseudo « printemps » arabe, les causes premières oubliées du terrorisme musulman et notre implication dans une guerre qui n’est pas la nôtre, la débilité de la position occidentale à l’endroit de la Syrie ou de la récupération totalement légitime par la Russie de la Crimée, vieille province russe naguère offerte par Khrouchtchev à sa vassale ukrainienne, qu’il s’agisse d’un merci joyeusement anticipé à l’Angleterre, cinq mois avant le futur « Brexit »... présenté avant et après comme une catastrophe imprévisible par l’ensemble de nos héritiers de la génération spontanée, ou encore des raisons évidentes pour lesquelles M. Sarkozy avait très peu de chances d’être réélu à la présidence de la République, je cherche en vain ce qui, parmi les réflexions et sarcasmes consignés dans les Carnets en question, pourrait n’avoir pas été confirmé par les événements, ou n’être pas en cours de confirmation. J’invite donc les aimables visiteurs du présent Journal critique, s’ils s’intéressent à ces problèmes et à d’autres du même ordre traités dans les Carnets politiques de Patrice Dumby, à y aller jeter un coup d’œil en cliquant sur :

https://patricedumby.wordpress.com/

   Pour les autres, et comme ils ont raison ! qui préfèrent la littérature, l’art et la beauté ou ce qu’il en reste, je leur signale trois récentes contributions de mon cru : deux à la Revue des deux mondes et une à l’excellente revue non-conformiste Livr’Arbitres. Les deux premières examinent respectivement le roman de Jean Le Gall : les Lois de l’apogée, paru chez Laffont, et le film de Bertrand Tavernier : Voyage à travers le cinéma français. La troisième concerne le Supplément inactuel avec codicille intempestif au bréviaire capricieux de littérature contemporaine de l’un des meilleurs critiques actuels : François Kasbi.

   Voici les liens permettant à ceux de mes visiteurs qui le souhaiteraient de lire ces trois articles :

http://www.revuedesdeuxmondes.fr/lois-de-lapogee-entre-fiction-realite/

http://www.revuedesdeuxmondes.fr/voyage-de-bertrand-tavernier/

http://papiers-en-ligne.over-blog.com/

 

 

   

     

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article